Préparation

14 Août 2010 : On a acheté un bateau !

Ca y est, plus de deux mois après notre première visite d'Eol, un mois après nos premières nuits à bord, c'est fait : nous avons acheté un bateau...

D'un coup, tout s'accélère, car il s'agit maintenant d'aller à Gruissan, de s'installer à bord et de préparer le bateau en vue du départ. Pas mal de choses à faire à bord, pour le moment, le bateau n'est pas en état de naviguer, encore moins de traverser l'atlantique...

Nos affaires sont prêtes depuis 3 semaines, c'est-à-dire depuis le déménagement, puisque nous n'avons pas défait nos sacs et que les caisses s'empilent chez les parents de Greg. La plupart de nos affaires sont déjà partie avec eux il y a 10 jours, il reste à charger la picasso et à descendre, direction NOTRE bateau...


Pour plus d'info sur le bateau et les travaux à faire, voir la rubrique "le bateau"


17 août 2010 : 1ère navigation et 1ères galères

Partis le dimanche de Sailly lez Lannoy, nous dormons dès lundi soir sur le bateau, après quelques heures d'installation : décharger la voiture, charger le bateau, faire les courses... enfin une petite plage pour fêter notre arrivée. Dès le lendemain mardi, Alain nous a rejoint pour convoyer le bateau de Gruissan à Canet où une place nous a été réservée en zone technique pour réaliser les premiers travaux.

La météo est bonne, peu de vent, on annonce du sud-est pour l'après-midi, c'est à dire un vent contraire. Nous partons donc de bonne heure pour moins de cinq heures de navigation en théorie de façon à arriver avant que le vent ne se lève. Sans grand-voile et avec un étai à changer, nous prévoyons de naviguer au moteur, peut-être un peu aidés par le génois si les conditions le permettent. Nous n'avons pas refait le plein de gasoil, mais nous pensons en avoir suffisamment pour cette petite navigation. Par économie de gazoil, nous coupons le moteur babord et nous aidons du genois pour ne plus naviguer qu'avec le moteur tribord. Un peu plus tard une odeur âcre se fait sentir, et de la fumée s'élève du moteur tribord... fuite également au niveau du circuit de refroidissement : le moteur est en surchauffe, il faut le couper rapidement... nous rallumons le moteur bâbord, il est temps de s'apercevoir que, privé d'un moteur, nous avançons moins vite, et qu'un seul réservoir de gasoil ne suffira peut-être pas à nous emmener jusqu'à Canet... Bricolage sur le moteur tribord, Alain et Greg raccourcissent la durite en fin de vie... Le moteur n'est plus en surchauffe, mais la réparation de fortune ne tient pas et la fuite d'eau est toujours là... Bref, c'est à trois nœuds, avec un moteur et sous génois seul que nous tirons des bords au près pour atteindre Canet en onze heures au lieu des cinq prévues...Comme au temps des grandes explorations, notre bateau remonte difficilement au vent et nous tirons des bords carrés, avec beaucoup de difficultés pour atteindre notre destination. Sans compter que le près n'est pas une allure très agréable, surtout sans grand-voile qui pourrait apporter de la stabilité au bateau. Nous « marsouinons », avec des mouvement latéraux de l'avant du bateau qui provoque un roulis désagréable et qui nous rendent tous un peu nauséeux. Les enfants ont fini par s'endormir dans le cockpit, ce qui limite les effets du mal de mer. Nous qui voulions une prise de contact en douceur avec le bateau, c'est manqué !

A l'arrivée à Canet, les enfants sont un peu consolés de leur navigation en retrouvant Papou et Mado qui nous rejoignent pour quelques jours à bord. 

Les jours suivants se passent en réparation pour le bateau : démontage de l'enrouleur pour changer l'étai, travail sur les moteurs et la pompe de cale tribord, et diverses bricoles qui remplissent vite les journées : démontage du taud pour pouvoir y installer la grand-voile réparée provisoirement en attendant la nouvelle, nettoyage du bateau, des coffres, des drisses, liste de choses à faire et à acheter. Pour un peu, nos livres de chevets seraient les catalogues des ship-chandlers... de vrais catalogues de Noël pour nous !

21 août 2010 : toujours à quai

Nous avions prévu (ou rêvé) une navigation de prise en main ce week-end, mais cela ne va pas être possible : nous n'avons pas de grand-voile, pas d'assurance, et ne sommes pas sûrs de nos moteurs, malgré déjà quelques heures passées la tête en bas ou plié en deux par Greg dans les blocs moteurs.  quaiSans compter les extincteurs, les gilets de sauvetage, les vannes, les joints, etc etc... Le génois n'a pas été remonté (pas d'urgence puisque pas de nav), par conséquent notre bateau n'a pas l'air d'en être un... Bôme nue, enrouleur (enfin remonté) aussi, vélos des enfants en pied de mât, et toujours un peu de linge qui sèche le long des filières... cela ressemble davantage à une caravane qu'à un bateau... 

 

Ces derniers jours ont malgré tout été productifs. Nous rencontrons depuis le début de cette aventure beaucoup de gens, et par chance beaucoup de gens intéressants et absolument indispensables à notre apprentissage. Des corps de métiers, des réseaux, des expériences qui nous permettent d'avancer peu à peu dans nos choix d'équipement tout en respectant notre budget. Nous le savions déjà il y a quelques mois, mais tout nous le confirme : nous sommes justes question budget, et peut-être même un peu hors norme. Les clients habituels des personnes avec qui nous travaillons ont des bateaux valant de 5 à 10 fois le nôtre et un budget en conséquence. Ce n'est pas notre cas et chaque choix nous engage pour l'avenir... Nous continuons à rêver chaque soir sur les catalogues des ship-chandlers...

 

27 août 2010 : C'est quand qu'on navigue ?

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

Mardi dernier, nous avons été particulièrement productifs : Nous avons en une seule matinée regréé l'ancienne grand-voile rapiécée et le génois, et souscrit une assurance pour le bateau.  Cela ne nous a pris que deux coups de fils et une connexion internet, ce qui est plutôt étonnant, étant donné que depuis trois semaines et quatre interlocuteurs différents, nous étions en attente de réponse d'un courtier... Enfin, nous voilà (r)assurés, il n'était en effet pas question de naviguer autrement. Ce bateau est aussi notre maison et tout ce que nous avons est à l'intérieur...

Départ 15h de Canet pour notre première navigation sous voile, en famille et avec Alain, notre courtier, qui semble bien décidé à nous aider jusqu'au départ pour la prise en main du bateau. Les manœuvres au moteur dans le port se passent bien, il faut dire que nous avons déjà un peu d'entrainement avec les allers et retours qui ont été nécessaires d'un bout à l'autre de la zone technique pour le démontage et remontage de l'étai. En sortie de port, nous établissons la grand-voile avec un ris. Les galhaubans n'ont pas été complètement réglés, il ne faut pas demander trop d'effort au mât... Nous descendons tranquillement au portant vers Collioure, avec un vent de force 4 ou 5, et Eol se comporte plutôt bien.  Comme nous avons des passagers qu'il s'agit de ne pas saturer de la voile en une seule sortie (Matthieu, Léa, Papou et Mado), nous faisons demi-tour au bout d'une heure pour retourner vers Canet, cette fois-ci au près. En remontant contre le vent, nous mettons un peu plus de temps. Trois heures à tirer des bords pour retourner à Canet nous permettent de nous familiariser avec Eol, qui ressemble enfin à un vrai bateau.

Mercredi matin, Papou et Mado repartent chez les ch'ti, et nous prenons un rythme différent : les enfants nous sollicitant davantage, nous devons nous adapter à eux et les intégrer dans notre planning de travaux. Greg passe toujours autant de temps dans les moteurs, et quand il n'y est pas, il est quand même dans les fonds ou dans les jupes à jouer avec les pompes de cale... Nous avons aussi quelques problèmes d'évacuation, qui, liés à nos problèmes de fuite diverses (eau, huile, gasoil...) nous font hésiter à partir en navigation en famille.

Jeudi soir, après avoir résolu provisoirement la question des pompes, nous envisageons une nav pour le lendemain. Météo dûment prise vendredi matin, nous changeons nos plans : le petit souffle de ce matin va forcir tout au long de la journée, pour atteindre du 7 dans la nuit, avec des rafales annoncées à 10 (55 noeuds de vent, soit près de 100 km/h). Il semble plus raisonnable de rester à quai et de remettre la sortie à la semaine prochaine, lorsque le vent aura faibli. Nous en profitons pour terminer l'inventaire du bateau, faire connaissance avec l'électronique embarquée (le radar et le navtex acceptent enfin de s'allumer après recherche dans le tableau électrique) nettoyer le bateau et planifier les prochains chantiers à mener.

La semaine se termine par un apéro avec nos voisins de Canet, Dodo et ses enfants visitent le bateau, et nous pouvons rendre une des nombreuses soirées passées chez Dorothée et Fabrice entre l'année dernière et cet été.

29 août 2010 : Bateau bobo, epoxy magique et sèche linge naturel

Bateau bobo

Un bateau, c'est plein de pièges : des bouts dans lesquels se prendre les pieds, des poulies, des winches où se cogner les orteils (redoutables quand on est tout le temps pieds nus), des hublots véritables gouffres ouverts sous les pieds, des charnières où se coincer les doigts, des rebords où se taper les tibias ou la tête, etc, etc... Nous le savons tous les deux, nous connaissons ces pièges, ce qui ne m'empêche pas d'être déjà couverte de bleus et de petits bobos. Ma dernière trouvaille : me cogner de nuit à un galhauban, juste au-dessus de l'œil. Ça n'a pas loupé, ce matin, mon œil a viré au violet... les handballeuses apprécieront, ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé... Finalement je pensais moins souffrir que les bousbecquoises qui sont en pleine préparation physique, mais c'est raté (Justine, merci pour la photo !)

Epoxy, la pâte à modeler magique

Lors de la visite du bateau avant l'achat, nous avions repéré une fissure dans la cloison au dessus d'une des poutres du bateau. L'expert maritime que nous avions mandaté a contacté l'architecte de la série des Nautitech 395, et nous avons vite été fixés : il s'agit d'un défaut structurel, et il faut réparer. C'est ainsi que nous faisons la connaissance de la résine epoxy qui permet de réparer à peu prés n'importe quoi sur un bateau. C'est donc aujourd'hui un grand jour de réparation sur le bateau, pour une toute petite zone qu'il faut renforcer : creuser un trou à la défonceuse, renforcer à la résine d'epoxy puis stratifier. Une fois ce travail terminé, nous pouvons quitter le bateau pour une plage bien méritée...


Sèche-linge naturel

Tant que nous sommes à Canet, nous profitons des infrastructures disponibles : les enfants vont au parc et à la plage, nous avons toute l'électricité nécessaire pour leur mettre un film de temps en temps, nous ne sommes pas rationnés en produits frais ou en eau, et nous lavons notre linge à la laverie. La tramontane s'est même proposée pour sécher le linge. Avec le vent que nous avons depuis vendredi, le temps d'attacher solidement le linge mouillé, il est sec ! Le plus long est de défaire les nœuds, obligatoires car tout s'envole. Nous avons déjà mis à l'eau deux emballages plastiques (récupérés à l'épuisette pour les jeter comme il faut à la poubelle) et failli perdre Doudou marron, le préféré de Léa, qui m'a incité à faire un plongeon sur le quai digne d'un gardien de football pour le rattraper. Nous réfléchissons fortement aux gilets de sauvetage pour doudou, avec harnais intégré...

2 septembre 2010 : la rentrée des classes

C'est la rentrée des classes ! Ce matin, les copains de Matthieu et Léa reprennent le chemin de l'école, et même pour les grands cette semaine le rythme va certainement s'accentuer, c'est la reprise pour tout le monde. Pour nous, c'est aussi un jour particulier, c'est aujourd'hui que nous faisons notre première navigation seuls en famille sur Eol. Après avoir retardés ce moment depuis plusieurs jours pour diverses raisons (le vent qui a soufflé ce week-end, les fuites d'huile, les pièces moteurs à remplacer que nous n'avions pas reçues, la défaillance de la pompe tribord (gênant d'autant plus qu'on sait qu'on a des fuites...), nous avons enfin pu quitter le port de Canet. Direction Collioure, petite navigation tranquille sans trop de vent, départ en fin de matinée pour une arrivée en début d'après-midi. Au programme, balade dans la ville, plage puis repas tranquille au bateau. Nous avions peur d'avoir du mal à dormir avec la houle d'est qui secouait le bateau, mais nous nous sommes tous les quatre écroulés à la fin du repas... Le lendemain, nous avons profité à nouveau de Collioure et de ses plages avant de remettre le cap sur Canet. A nouveau une belle nav au portant, pour une arrivée tranquille au port de Canet. Au final, un bilan très positif, avec deux petites mésaventures bien maîtrisées : A l'aller, la têtière de la grand-voile attachée à l'envers (à force de monter et démonter le chariot, cela devait arriver) et au retour, en affalant la grand-voile, la retenue des lazy-jacks qui saute, et la voile affalée qui s'étale sur le roof... Avec deux bouts, nous avons pu rapidement la ferler et rentrer sans encombre au port. Les manœuvres à la voile et au moteur se sont bien passées, les enfants n'ont pas eu le mal de mer et ont trouvé leur rythme à bord, nous sommes donc plutôt satisfaits de cette première sortie. La météo étant bonne pour les prochains jours, nous prévoyons de naviguer ce week-end vers Paulille, au-delà du cap Béar.

Côté travaux, nous avançons peu à peu sur certaines choses et restons au même point pour d'autres : nous avons presque l'ensemble du matériel de sécurité, il reste à fixer une ligne de vie tout le long du bateau et des filets le long des filières pour prévenir les chutes. Les réparations des moteurs et des pompes sont en bonne voie et nous avons des pistes sérieuses pour le matériel électronique (GPS traceur ou logiciel de cartographie, AIS qui signale les bateaux tout autour, et pilote de secours). La stratification dans les cabines est terminée, nous avons un devis pour le trampoline (il craque à chaque fois que l'un de nous s'y aventure). Par contre, nous n'avons toujours rien pour nous alimenter en électricité, si ce n'est l'alternateur moteur, qui nous oblige comme son nom l'indique à faire tourner les moteurs pour recharger les batteries... Il restera enfin à changer la drisse de GV et l'aérien de la girouette, à riveter une plaque sur la poutre avant, à faire le carénage, etc, etc... ce n'est jamais terminé !

 Cette semaine nous avons fait une courte pause sur les travaux pendant la visite de Cyrille et Fanlou, qui ont passé une nuit à bord. Les enfants étaient contents de retrouver leur copine qu'ils n'avaient pas vue depuis un an. Les retrouvailles à la plage se sont forcément bien passées ! La rentrée des classes a écourté leur visite, et c'est là que nous nous sommes rendus compte qu'il fallait penser aussi de notre côté à préparer les premiers cours des enfants. Pour nous la rentrée ce sera lundi.

5 septembre 2010 : Paulille Paulille Run Run

Nous nous réveillons ce matin dans un cadre plutôt sympa : l'anse de Paulille avec ses trois plages, petit coin sauvage que nous avions visité l'été dernier, encore plus sympa vu de la mer.

Nous sommes partis hier vers midi de Canet. La distance à parcourir est d'environ 14 milles, soit normalement moins de trois heures de navigation. L'humilité est une qualité importante pour un marin : humilité devant la mer, la météo...et les bateaux plus gros ou plus rapides ! A peine partis, nous nous faisons gratter par plusieurs bateaux, malgré les multiples réglages de Greg aux écoutes... Il faut dire que notre grand-voile ressemble un peu à un sac et que nous traînons deux parcs à moules (les coquillages et les algues prolifèrent sur la coque...) De plus, le vent tourne et nous nous retrouvons rapidement au près, obligés donc de rallonger la distance pour remonter au vent. Nous longeons donc le Cap Béar sur chaque bord, grignotant les milles tout doucement. Les enfants jouent aux cartes et aux légos. Matthieu fait une sieste de 2 heures pendant que Léa joue à la dinette avec sa poupée. En fin de navigation, les enfants et moi expérimentons une nouvelle recette inédite : nous l'appellerons les petits gateaux de Paulille. Le temps d'affaler la GV et le minuteur signale la fin de la cuisson... Nous arrivons finalement à Paulille vers 18h30 où nous mouillons par 10 mètres de fond. Il est un peu tard pour aller à la plage, d'autant que nous ne pouvons pas compter sur le moteur de l'annexe, qui a une fâcheuse tendance à caler lorsque nous sommes au milieu de nulle part. La baignade attendue se fera donc autour du bateau. Greg en profite pour gratter une coque et la nettoyer de tous ses coquillages. C'est une impression où nous flottons mieux d'un côté que de l'autre ?!

Nous avons donc passé la nuit au mouillage, premier mouillage sur ancre avec Eol, et donc une nuit un peu agitée pour nous. D'abord une sortie à une heure du matin pour aller bloquer la drisse qui frappait contre le mât et nous empêchait de dormir, puis un réveil à 2h30 pour vérifier que nous ne dérapions pas. Enfin, un réveil à 7h03 pour écouter la météo sur la VHF. Pas de répit, même le dimanche !

7 septembre : à quai

Nous sommes de retour à Canet depuis deux jours. Nous avons écourté notre navigation à Paulille, renonçant à passer une nuit à Port-Vendres devant les signes avant-coureurs de la tramontane qui souffle depuis ce midi. La météo l'annonçait comme se rapprochant, et le vent a commencé à monter dimanche en fin de journée alors que nous rentrions. Il s'était calmé hier et remonte à nouveau aujourd'hui. Greg en profite donc pour faire la vidange du moteur tribord. De mon côté je rattrape le retard de lessive et de courses, et nous avons fait nous aussi notre rentrée scolaire pour les enfants. L'école dure environ une heure par jour, le matin, et les enfants trouvent cela trop court et réclament plus d'exercice... il faut dire que nous sommes en rodage de ce côté-là aussi !

15 septembre 2010 : Techniciens polyvalents

Bientôt un mois que nous sommes là et les travaux avancent tranquillement. Nous commençons à trouver notre rythme, bien que nous ne sachions jamais à l'avance comment une journée va se dérouler. Depuis que nous sommes là, nous avons déjà un peu touchés à tout sur le bateau. Nous sommes capables de discourir sur les mérites relatifs de l'inox et de l'aluminium, des avantages et inconvénients des panneaux solaires sur les éoliennes, de la résistance à la casse ou à l'eau de mer des passe-coques en plastique ou en cuivre... Greg a démonté à peu près toutes les pièces démontables des moteurs, j'ai frotté des kilomètres d'inox... A force d'avoir à démonter et remonter des choses sur le bateau, nous finissons par mieux comprendre comment tout fonctionne. Nous avons dû dégréer et gréer la grand-voile et le génois, changer la drisse de la grand-voile. Et devinez qui est allé faire la guignol en haut du mat pour faire le noeud ? (14 mètres quand même). J'ai eu ma revanche aujourd'hui, Greg est enfin monté au mât à son tour, à la force de mes petits bras (et avec l'aide du winch quand même). Au menu, diagnostic du problème sur le camembert (celui de l'enrouleur de génois, pas comestible) et démontage de l'aérien de la girouette anémomètre. Nous devenons de plus en plus autonomes et polyvalents, bien qu'il reste des choses pour lesquelles nous aurons à demander de l'aide.

 

Un gros morceau se prépare pour la fin de la semaine : nous allons faire sortir le bateau de l'eau pour pouvoir le caréner (nettoyer la coque et passer deux couches d'antifouling)et Greg en profitera pour changer les joints de sail-drive avec l'aide d'un mécanicien spécialisé. Il faudra aussi changer toutes les vannes et les passe-coques, les anodes et nettoyer le loch-speedo. Pendant une semaine, Eol sera posé au sol sur ses quillons, loin de l'eau avant d'être presque fin prêt pour le départ, puisque nous profiterons de cette semaine pour faire changer le trampoline et achever la préparation. Il ne manquera plus que la grand'voile, et nous devrions en théorie être prêt à partir dès que le bateau aura été remis à l'eau.

 

Le week-end dernier nous sommes sortis pour une petite navigation avec des invités : Fanlou, Sophie et Cyrille sont venus passer le week-end avec nous et nous avons pu inaugurer la nouvelle drisse de GV. Encore une fois, la météo nous étonne : nous partons au moteur, en l'absence du moindre souffle de vent. MétéoFrance annonçait pourtant du vent de force 5 ou 6. En effet, un quart d'heure après le vent monte d'un coup et bascule complètement : nous sommes obligés de réduire la voilure : nous enroulons le génois et prenons un ris. Nous avons probablement aussi battu notre record de vitesse malgré la coque pleine de coquillages... c'est prometteur pour les alizés !

 

Même au port les rencontres commencent : La semaine dernière nous avons fait la connaissance d'un équipage sur le départ : Un skipper, sa femme et trois équipiers qui devaient convoyer un Océanis 58 tout neuf jusqu'en Turquie pour le livrer à son nouveau propriétaire. Nous avons pu le visiter : bluffant ! Trois cabines climatisées, trois salles d'eau étincelantes, deux frigos et un congélateur, des boiseries en acajou et des canapés en velours crème (surtout pas d'enfants mangeant de la sauce tomate !). Hauteur sous barrots très élevée (nous ne tenions pas debout dans la plupart des monocoques sur lesquels nous sommes montés). Évidemment du teck partout à l'extérieur, une grand-voile sur enrouleur et de l'électronique partout... Très beau, mais aussi plutôt impersonnel, et loin de l'image du bateau que l'on se fait... En tout cas des conditions plutôt exceptionnelles pour un convoyage. Leur départ nous a donné aussi l'envie de partir : c'est long un mois au port ! Heureusement, les travaux avançant, nous avons ressorti les guides de voyage et les cartes et nous recommençons à parler itinéraire. Ça se rapproche !

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