Antilles

7 mars 2011 : Nous sommes arrivés !

Nous sommes arrivés ! Après 24 jours d'une transat sans trop d'histoire ni trop de vent, nous avons enfin posé le pied à terre ce matin. La terre bouge elle aussi !

Nous sommes maintenant au port du Marin, en Martinique, et nous allons y rester quelques jours pour effectuer les différents pleins, le nettoyage, etc...

Le journal de la transat sera bientôt disponible dans le carnet de voyage « transat ».

9 mars : Zepol'kare à bon port...

Retour à la vie normale... Depuis deux jours, nous sommes au Marin, amarrés à un ponton qui ne bouge pas... Passées les premières minutes à terre, nous avons cessé de tituber, et avons apprécié le calme autour de nous. Et pour cause : journée morte lundi au Marin, en préparation du Carnaval. Tous les commerces fermés, impossible de refaire l'avitaillement, nous avons encore mangé des pâtes au parmesan (ça se conserve super bien, le parmesan, même à 30°...). Premier ti-punch au bout de 24h seulement, du zepol'karé, bien sûr !




Mardi-gras, c'est la fête au Marin, tout est toujours fermé l'après-midi, mais nous avons pu faire des courses le matin, et l'après-midi, nous rejoignons le défilé. Est-ce que t'as pas vu la bande... Ici, les hommes ont un peu moins de mérite à porter le décolleté et les bas résille qu'à Dunkerque, il fait quand même une vingtaine (trentaine ?) de degrés de plus. Greg n'a regretté qu'une demi-seconde d'avoir laissé dans le Nord sa fourrure (Popi, ce n'est qu'un prêt !) Les enfants étaient ravis de défiler derrière le char au son du zouk, même s'ils ont trouvé que les Martiniquais étaient un peu « fous-fous » de mettre la musique si fort... Avis partagé à 5h du matin, avec toujours la musique à fond...



Nous sommes encore cependant très productifs, avec une to-do-list longue comme le bras, à épuiser avant de quitter le Marin. Petites réparations diverses et contrôles en tout genre, frigo à fond (il était encore à 20° au bout de 24h...), lessives, etc...

Demain, nous quitterons cette marina, direction le mouillage de Ste-Anne, où nous pensons retrouver Samba, qui y est depuis leur arrivée de Las Palmas, et Pegasus, qui a atterri à Antigua, visité la Guadeloupe et revient maintenant vers le sud. A peine débarqués au Marin, nous avons croisé Crazy Goose, rencontré à Gibraltar et Agadir, le monde des voyageurs est vraiment un petit monde !

14 mars : trois ti-punch doudou...

Qu'il est doux de ne rien faire quand on a rien à faire... Le mouillage de Ste-Anne est très fréquenté, mais reste agréable, à proximité du bourg où on trouve de bons accras, de bons ti-punch et une supérette pour ravitailler.

La plage est très belle, dès le premier jour, nous avons trinqué sur le sable à nos retrouvailles et à la transat avec Pegasus et Samba, pendant que les enfants jouaient ensemble dans l'eau. La transat semble déjà loin, après tout, comme on nous a dit avant le départ, ce n'est jamais qu'une côtière un peu longue... et le prochain océan pas pour tout de suite.

Depuis, nous profitons simplement d'être là, et de ne pas avoir de programme établi pour les prochains jours. Plage, baignade autour du bateau, ti-punch,... Nous sommes tous sur le même canal VHF de façon à pouvoir s'appeler pour organiser les sorties. Crazy Goose a aussi rejoint le mouillage, et nous avons passé une bonne soirée tous ensemble au « Paille Coco », au bord de l'eau, huit adultes et huit enfants, langue anglaise essentiellement, ce qui nous entraîne pour les prochaines escales !

Avant-hier, grande balade jusqu'à la plage des Salines avec Samba, 10 km au total, sur le sentier du littoral. Le paysage était digne d'une carte postale, avec une eau bleue turquoise. « C'est beau, c'est comme une piscine, mais sans les échelles », nous a dit Léa... Picnic sur la plage à l'ombre d'un arbre et baignade toute la journée, avant une bonne glace méritée au retour.

Nous pensions repartir cette semaine de Ste-Anne, mais nos soucis d'annexe (d'abord le moteur qui ne tournait pas rond, puis la perte de l'hélice aussitôt le moteur réparé) font que nous allons rester encore quelques jours. Le Marin est tout près pour faire de l'eau ou du gasoil, et les ships sont accessibles en bus (ou en annexe si nous avions un moteur...) Nous en profitons pour nous rôder un peu au fonctionnement quotidien au mouillage, gestion de l'eau et de l'électricité notamment. Chaque nuage qui passe rend notre bilan électrique précaire...

17 mars : retour au Marin

Nous voici de retour au mouillage du Marin, qui nous semble assez fade après les derniers jours passés au mouillage à Ste-Anne, à alterner plage et baignade autour du bateau, ainsi que plongées pour essayer de retrouver l'hélice perdue, mais sans succès, malgré l'aide de Pete. Nous avons fini par nous rapprocher du ponton après avoir constaté que nous étions l'un des bateaux les plus éloignés, et les seuls à ne pas avoir d'annexe à moteur...

Hier, dernière expédition au Marin en taxi-co pour Greg pour aller acheter une nouvelle hélice et pendant ce temps une petite aventure en annexe pour les enfants et moi : casse de la bague de la dame de nage, donc plus de moyen de propulsion, bout du grappin trop court pour me freiner par 20 nœuds de vent et donc dérive entre les bateaux au mouillage, « appels de détresse » infructueux _ Samba avec la VHF coupée, et Pegasus sans annexe, Mark étant lui aussi au Marin... Heureusement, nous avons été secourus par un gentil voisin canadien qui nous a remorqués jusqu'à Eol. Ensuite, Greg étant de retour et la nouvelle hélice de l'annexe remontée, nous sommes partis à 3 bateaux à l'Anse Meunier (juste derrière la Pointe Dunkerque, ça ne s'invente pas !) pour un barbecue sur la plage, suivi d'un feu de camp. Saut dans la carte postale, l'anse n'était qu'à nous, impression d'être sur une île déserte, et les enfants ont même eu le droit de jouer avec le feu...

Après une nuit au mouillage à l'anse Meunier, suivie d'une ultime plage (body-board et kayak pour les enfants, observation des pêcheurs pour les grands), nous voici revenus au Marin, au mouillage devant le port, afin de faire quelques courses avant de partir vers le nord. Nous avons quitté avec regret Pegasus et Samba, mais avec bon espoir de les retrouver encore en Martinique ou plus loin avant que nos programmes ne divergent.

19 mars : Petite Anse d'Arlet

Bas si verts, tricot rouge... Nous avons suivi une fois de plus le chenal du Marin (ne pas oublier d'inverser les couleurs des balises pour ne pas se retrouver sur une caye... Ici le balisage est inversé par rapport à l'Europe !). L'escale technique aura duré moins de 24h, pleins d'eau et de gaz effectués, courses au Leader Price en annexe (pratique le ponton juste derrière le magasin) et nous pouvons rapidement couper les moteurs et envoyer la grand'voile et le génois. Depuis la veille, les averses se succédaient, au point que le linge n'arrivait pas à sécher, mais nous avons eu beaucoup de chance sur cette navigation : l'averse est restée derrière nous, et nous avons profité d'un vent portant presque tout le long.

Voiles en ciseaux pour passer le Rocher du Diamant, et en milieu d'après-midi nous arrivons à Petite Anse d'Arlet, où nous retrouvons une fois de plus Pegasus, juste derrière nous, et Samba arrivé la veille. Encore une plage, encore des ti-punch le soir les pieds dans le sable, à écouter le groupe Jazz d'Arlet dans un petit café... On pourrait très vite s'habituer à cette vie-là !

Beaucoup moins de bateaux ici qu'à Ste-Anne, et vue imprenable sur le petit bourg d'Arlet. Ce matin, livraison du pain et des croissants par Catherine de Pegasus, la belle vie !

23 mars : St Pierre

Nous sommes depuis ce matin à St Pierre, au pied de la Montagne Pelée. Les jours se suivent et les étapes se succèdent. A Petite Anse d'Arlet, nous avons profité du charme du petit bourg. Snorkeling autour du bateau ou en partant de la plage, des poissons partout, dont certains assez confiants pour venir nous frôler de près, des étoiles de mer à profusion, et les enfants commencent à apprécier le masque. Quelques petites aventures aussi : un bateau canadien qui a bien failli tamponner Pegasus en dérapant, et Samba parti à la dérive en pleine nuit, avec Mel et Pete se réveillant stoppés probablement par un casier à langoustes... J'ai découvert aussi une nouvelle maladie anglaise, la « cabin-fever », qui s'attrape au contact prolongé d'enfants à bord d'un bateau. Prétexte anglo-saxon à une balade entre filles sur un sentier de randonnée jusqu'à la Grande Anse d'Arlet, suivie d'une bière (on dit seulement « refreshment » en anglais, sans préciser avec/sans alcool...) pendant que les 3 maris s'occupent des 6 enfants... Je suis revenue avec une nouvelle paire de tongs, j'en use en moyenne une par île...

 

Après trois nuits à Petite Anse d'Arlet, nous sommes partis pour l'Anse Mitan, dans la baie de Fort-de-France. Depuis deux jours, le vent soufflait du nord-est à 20-25 noeuds. Navigation de deux milles au près donc pour remonter la côte, et nous finissons vent debout au moteur pour le dernier mille restant. Nous rêvions d'un picnic à l'Anse Noire, mais la météo n'est pas vraiment favorable. Pegasus et Samba ont préféré la baie des Flamands, côté Fort-de-France. Pour nous, la Pointe du Bout est un peu un pèlerinage : lorsque nous sommes venus une première fois en 2004, j'étais enceinte de Matthieu et nous regardions les prix des locations de voiliers. Puis l'année dernière, nous sommes revenus à cet endroit, cette fois-ci rêver sur les bateaux à vendre, après une semaine de croisière avec les enfants. De l'Anse Mitan, on prend la navette qui traverse la baie pour visiter Fort-de-France. La Place de la Savane, la Bibliothèque Schoelcher, le Marché Couvert, les librairies, le Mac do (et oui... la dernière fois, c'était à Las Palmas de Gran Canaria...). De retour à l'Anse Mitan, face au mouillage, on profite de la petite plage protégée par une digue, sous les cocotiers. Et au quai des annexes, Radio Ponton fonctionne à plein : à deux milles et demi de là, nous apprenons par un autre bateau que Mark de Pegasus a pêché un Wahou d'un mètre...

Rendez-vous manqué avec les bateaux-copains, qui profitent des infrastructures de la ville capitale que nous évitons. Après deux nuits, nous partons pour St-Pierre. Dernier au-revoir à la VHF avec Pegasus, qui se dirigera ensuite vers le Sud, prochain rendez-vous en Nouvelle Zélande ??

Une de nos plus belles navigations : du près mais sur une mer plate, par 15 à 20 nœuds de vent apparents, et Eol qui file le long de la côte ouest de la Martinique. 30 degrés dans le cockpit et les enfants qui jouent aux kaplas durant toute la nav... l'Atlantique semble loin !

 

Le mouillage de St-Pierre est très joli. Au pied du volcan, face à la plage de sable noir, avec vue sur la cathédrale et les jolies maisons du bord de mer. Le littoral ici semble préservé de l'invasion touristique : beaucoup de verdure et pas de complexe hôtelier, et en arrivant au mouillage, rencontre d'un des plus vieux habitants : une tortue vient pointer son nez pour nous souhaiter la bienvenue !

27 mars : St Pierre (Martinique) – Roseau (Dominique) – Le Bourg (Les Saintes – Guadeloupe)

C'est un peu comme un nouveau départ. Samedi 8h, nous remontons l'ancre et quittons le mouillage de St Pierre, cap au nord vers la Dominique. Nous laissons derrière nous la petite ville de St Pierre, ses habitants sympathiques (la discussion en ch'ti avec un rasta qui avait des dreadlocks jusque dans sa barbe avait un petit côté surréaliste...), sa plage de sable noir, et les ruines de l'éruption de 1902 (wikipédia vous donnera plus de détails...). Nous laissons aussi derrière nous Samba, qui nous avait rejoint le deuxième jour. Cette fois-ci, c'est la croisée des chemins : Samba continue son tour de Martinique avant de partir vers le sud, notre route à nous sera au nord pour les prochaines semaines. Après s'être suivi et retrouvé pendant si longtemps (depuis Gibraltar pour Pegasus, Agadir pour Samba) nous risquons de nous sentir un peu seul d'un coup...

Après un petit cafouillage à hauteur de la Perle (un vortex, effet de la Montagne Pelée, sans doute !) nous entrons dans le canal qui sépare la Martinique de la Dominique. 20 milles de mer, avec la houle de l'Atlantique et 20 noeuds de vent au près. Le ciel est bouché, et nous sortons les cirés pendant une grosse averse. Nous arrivons en milieu d'après-midi à Roseau. Le mouillage est sur coffre, et après nous être fait connaître par VHF, nous sommes pilotés par Desmond dans un bateau hors bord jusqu'à une bouée, près de l'Anchorage Hotel. Accueil plutôt bourru, mais au second contact il semble plus sympathique, surtout lorsqu'on lui laisse entendre que nous reviendrons certainement au retour. Après un épisode « Homme de l'Atlantide » (il a fallu quelques allers-retours à Greg pour récupérer dans l'eau tout ce qu'il a fait tomber _ le bouchon du réservoir de l'annexe, les clefs, le cadenas... dans une eau transparente à 26°C, quelle galère) nous passons une soirée tranquille sur le bateau.

Dimanche matin, départ à 7h30 pour la Guadeloupe. Navigation de rêve à près de 9 noeuds pendant les 15 milles dans le canal entre la Dominique et les Saintes, entre le près et le travers, avec des rafales à près de 30 noeuds apparents. Pour la première fois depuis Canet, je sors les serre-casseroles au déjeuner pour éviter que la marmite ne s'envole avec le repas.. En début d'après-midi, nous sommes mouillés face au bourg de Terre de Haut, après un petit louvoyage entre les îles des Saintes. Coucher de soleil guadeloupéen sur le bateau, avec un ti-punch au rhum martiniquais, la belle vie (encore)...

31 mars : retour sur la transat

A la demande insistante d'un de nos fidèles lecteurs, les cartes du voyage vont être mises à jour (dès qu'on aura cinq minutes à nous...) En exclusivité, les versions bêta de la carte de la transat, copyright Gaet, la version définitive étant dans le répertoire « cartes ».

carte transat v1

carte transat v2

carte transat v4

carte transat v5

carte transat v6

carte transat v7

carte transat v8

carte transat v10bis

Vous remarquerez que la version 3 a été censurée, ainsi que la version 10. La version 9 n'existe pas, sans doute un lendemain difficile pour le concepteur. Comme quoi, il n'y a pas que nous qui sommes en vacances et avons le temps de nous amuser...

2 avril : marina de St François (Guadeloupe)

Après une nuit aux Saintes, nous sommes partis encore une fois juste avant un grain pour le mouillage de l'ilet de Gosier. Encore une belle navigation (nous les collectionnons depuis la fin de la transat, avec un bateau qui marche bien, une mer peu agitée à agitée et des vents réguliers). Rafales à plus de 30 noeuds, la routine pour nous... Grand moment de cette navigation, nous croisons la route d'une baleine ! La première depuis le départ, et les enfants ont eu le temps de bien la regarder.

A Gosier, nous ne restons que deux nuits, nous emmenons Papy et Mamie faire les Robinsons Crusoe avec nous sur l'ilet désert, puis nous décidons de nous rapprocher de St François où nous pourrons davantage passer du temps ensemble. Cette fois-ci, le cap est plein est, et le vent est au sud-est : un long bord de près au large, puis un long bord de près encore pour rallier la côte.

La préparation au départ donne quelque chose comme ça : avant que j'aie le temps d'ouvrir la bouche, Greg tranche :

« on va prendre un ris.

- tu es sûr, un seul ? Pas deux ?

- oui oui, un ris ça suffit. »

Au pied de mât, je me remémore mes cours de psycho sociale, première année, la stratégie dite de la 'porte au nez', c'est-à-dire demander un truc énorme, pour obtenir un peu, à ne pas tester avec les organisations syndicales...

« on prend trois ris, c'est ça ? »

Mais Greg est imperméable aux concepts de psycho sociale, comme les syndicats.

Au moment d'envoyer le génois, je persévère :

«On déroule au deux-tiers, ok ?

- Mais nooon, on va tout envoyer... »

Et si je fais remarquer que le lagoon devant nous a pris deux ris « oui, mais c'est un petit joueur, on va le laisser sur place et en plus il va marsouiner... »

Quand je dis :

« ça y est, ça monte !

- mais noon, c'est du vent apparent, c'est parce qu'on accélère... »

Enfin, on s'habitue à tout il paraît... Autre sensation forte, la passe de St-François. Sur la carte, trop facile, il suffit de suivre la balisage (bas si verts et tricots rouges, etc...) mais en y regardant de plus près, c'est pas bien large, et il ne faut pas dévier pour ne pas « s'encayer ». Bien belle théorie, inapplicable quand Eol, au moteur, part au surf à près de 12 noeuds à 50 cm à vue de la caye (en fait, 3 mètres d'après Greg, mais quand même), porté par la vague... Une fois dans le lagon, on respire, et on se demande comment on va ressortir...

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