Iles ABC

13 octobre : Bon bini à Bonaire !

Parlez-vous Papamiento ? Nous non plus ! Le Papamiento est la langue parlée ici à Bonaire, mélange de portugais, d'espagnol, de néerlandais. A part quelques mots qui ressortent, c'est assez incompréhensible pour nous. Heureusement, tout le monde semble être au moins trilingue ici, on nous parle en général en anglais, même si on entend beaucoup d'espagnol, et un peu de néerlandais.

Le jour de notre arrivée, notre première action (après avoir payé la bouée de mouillage, obligatoire ici, puis fait notre entrée auprès des douanes et de l'immigration) a été de boire une bière fraîche, puis de manger un hamburger avec des frites... tant pis pour la belle dorade pêchée en navigation, elle a attendu deux jours au frigo ! Depuis nous alternons les repas viande-poisson... quel plaisir aussi de retrouver des fruits et des légumes frais ! Malgré le bruit et les lumières de la ville, particulièrement déroutants les premiers jours, c'est agréable de retrouver une ville presque européenne, avec des produits français dans les supermarchés et une ambiance touristique dans la rue.

Le mouillage est un peu rouleur, d'autant qu'on n'a pas la possibilité d'en changer. L'ensemble de l'île est zone protégée. On ne peut mouiller que sur bouée, et elles sont toutes disposées en face de Kralendijk. Tous les bateaux sont alignés les uns derrière les autres à trente mètres de la côte, et les coffres qui nous tiennent sont immergés par 4 mètres de fond environ, colonisés par le corail et les poissons (chirurgiens, sergent-majors, anges,...) et juste à côte du bateau, il y a le tombant, impressionnant de profondeur.

La visite de l'île en voiture permet d'en mesurer tous les contrastes : de la côte sous le vent avec sa mince bande côtière où se succèdent 60 sites de plongées, aux champs de cactus de l'intérieur et aux montagnes du nord (241 mètres pour la plus haute). L'île est globalement plate, le sud n'est qu'une immensité d'eau entrecoupée par la route, on dirait la Hollande ! Nous avons passé une demi-journée dans le Washington Slagbaai National Park, qui est la réserve du nord, où l'on côtoie perroquets, flamands roses, pélicans, ânes, chèvres, iguanes et lézards géants, et où l'on peut aussi faire du snorkeling. Ensuite, nous avons vagabondé sur les routes de l'île, jusqu'au Seru Largu, le sommet du centre, qui permet une vue panoramique sur Kralendijk. Dans le sud, nous sommes entrés dans les maisons des esclaves, petites cabanes où dormaient les esclaves travaillant dans les marais salants, avant de nous baigner dans le lac. Prochaine étape : Curaçao !


23 octobre : Curaçao

Nous sommes au mouillage de Spanish Waters depuis maintenant un peu plus d'une semaine, et nous avons déjà pris nos petites habitudes. Spanish Waters est un de ces grands mouillages pas forcément très agréable, mais qui semble être un point de passage obligé des plaisanciers, un peu comme le Marin en Martinique, Rodney Bay à Ste Lucie ou Prickly Bay à Grenade... On y retrouve d'ailleurs des bateaux croisés sur les Grenadines et à Grenade, ainsi que ceux des Aves, Chamicha, Calenda, Joz III,... Le matin on écoute le cruiser's net sur la VHF, et deux fois par semaine, il y a happy-hour au snack des pêcheurs. Il faut connaître les petits « trucs », et grâce à Chamicha, nous avons vite été initiés : il y a la personne qui peut vous fournir le wifi, celle qui fournit de l'eau, celle qui remplit les bonbonnes de gaz, celle qui peut avoir du matériel électronique pas cher, etc...

Nous sommes arrivés ici après une bonne petite navigation (20 nœuds au portant, avec une carène propre grâce aux poissons chirurgiens de Bonaire qui ont mangé toutes nos algues). Contrairement à Bonaire, ici l'eau est verte et stagne un peu dans la baie, il faut ressortir pour retrouver une eau claire et pour apprécier la baignade. On laisse l'annexe au port des pêcheurs pour attraper le bus qui conduit à Willemstadt, ou bien on prend la navette gratuite du supermarché, qui permet aussi de visiter les shipchandlers facilement. Pour la plage, on part en annexe au bout du mouillage, et une petite route conduit de l'autre côté de la colline à une plage de cailloux. Mais nous sommes ici pour des travaux essentiellement, et il faut aussi rattraper le retard du CNED, puisque nous avons enfin récupéré les cours de Matthieu, presque deux mois après la rentrée ! Heureusement, il avait déjà bien travaillé...

Côté travaux, les choses s'annoncent un peu plus compliquées que prévu : pas de place en marina, ou alors très chère, pas de place en chantier, ou alors dans longtemps. Greg s'acharne sur les parois du vieux frigo pour faire rentrer celui qu'on avait trouvé à Grenade, le reste de la liste devra attendre un peu. Pour se changer les idées, nous sommes allés avec Galinette à l'aquarium : les enfants ont pu nourrir les tortues, les flamands roses et même un requin-nourrice, caresser des raies et ramasser des étoiles de mer. Le groupe d'enfants augmente au gré des rencontres, nous avons retrouvé ici Kamiros, le bateau allemand des Aves, et rencontré Lacaraba, bateau français, par l'intermédiaire de Galinette.

6 novembre : Spanish Waters, Curaçao

La routine commence à s'installer à bord, il est temps de partir !

Le bateau semble plus grand depuis que le frigo récupéré à Grenade avant notre départ pour les îles du Venezuela a pris la place du frigo d'origine. Après plusieurs jours les bras dans la fibre de verre pour le faire entrer à sa place, le voilà branché et en état de fonctionnement, et le carré semble d'un coup plus spacieux. Pour fêter ça, expédition courses à Vreugdenhil (nom bizarrement imprononçable pour certains...), le supermarché le plus proche, afin de le remplir. Après le frigo, le moteur, Greg a resserré les boulons, refait des joints, fait couler de l'huile partout, la routine, quoi !

Le mouillage est toujours aussi plein, même si nous avons vu partir beaucoup de bateaux : Galinette, Lacaraba, Kamiros, Syrah, Freya et bien d'autres. Les enfants sont assez philosophes en voyant partir leurs copains : « oui mais peut-être qu'on les reverra plus loin ! » et partent en quête de nouveaux enfants. Le meilleur endroit pour en rencontrer étant l'happy hour au snack des pêcheurs, nous y allons en famille régulièrement...

Nous avons profité de cette escale pour rattraper le retard du CNED. Matthieu a tellement bien travaillé, qu'il a eu quelques jours de vacances pour la Toussaint. Nous avons même réussi à envoyer toutes les évaluations écrites et orales, et on s'est bien amusés à enregistrer les poésies et comptines, et à fabriquer les bâtons de pluie...

Cette semaine, nous avons loué une voiture et fait le tour des magasins que nous avions pu repérer en bus auparavant, surtout des magasins de bricolage. L'occasion de retravailler les fractions : quelle vis est la plus grande : 5/16, 3/8 ou 11/32 ? C'est quand même plus simple avec le système métrique !

Le bateau est donc un peu plus lourd et la carte bleue a failli prendre feu, mais les stocks de nourriture (surtout les produits européens!) sont reconstitués, et nous avons à bord presque tout ce qu'il faut pour installer les nouveaux panneaux solaires, le dessal et le pilote et même faire le prochain carénage. Départ pour Aruba cette semaine !

9 novembre : Orangestadt, airport anchorage

Le mouillage le plus agréable d'Orangestadt est situé à mi-chemin des pistes de l'aéroport et du quai des ferrys, sur le chemin des bateaux-navettes de Renaissance Resort. Autant dire pas le plus calme que nous ayons rencontré... Après une navigation un peu longue (coque recouverte d'anatifes de Spanish Waters, peu de vent) et un petit détour pour aller faire les clearances au milieu des bateaux de pêche colombiens et vénézueliens, nous sommes contents d'être arrivés à Aruba.

On pose l'annexe à la Marina Renaissance et on débarque dans la partie Disneyland de la ville : l'herbe est étonnamment verte, tout est propre, les prix sont en dollars et il n'y a pas de magasins d'alimentation, seulement des boutiques de mode, des bijouteries et des vendeurs de souvenirs... Il faut s'éloigner un peu pour trouver des rues ordinaires et surtout un mini-market qui vend de la viande : avant de quitter Curacao, nous sommes allés faire un tour au marché au puces du mouillage, et avons craqué devant un barbecue au gaz... L'inauguration est pour ce soir !

TPL_BEEZ5_ADDITIONAL_INFORMATION