Colombie

14 novembre : Santa Marta, Colombia

Notre premier continent en presque un an ! Nous avions quitté le Maroc en décembre l'année dernière, et n'avons visité que des îles depuis...

Nous avons quitté Aruba plus tôt que prévu, la fenêtre météo étant trop belle pour attendre. Il y a 280 milles jusqu'à la Colombie, il faut donc une fenêtre avec assez de vent pour avancer, mais pas trop autour du Cabo de la Vela, pour ne pas risquer de rencontrer des conditions de mer trop dures. Le premier jour on alterne voiles et moteur pour s'éloigner d'Aruba et passer le golfe de Maracaibo, et on assiste à proximité du bateau à la formation de deux mini-tornades, des tourbillons de vent qui s'élèvent de la mer jusqu'aux nuages. On ferle la grand-voile bien serrée, on enroule le génois et on prie pour qu'elles ne se rapprochent pas trop ! La plus proche est probablement à moins d'un mille, on voit très bien d'où on est les gerbes d'eau qu'elle soulève... Heureusement, cela ne dure pas, et le vent s'établit rapidement. Dans la nuit, accompagnés par les dauphins, on passe les Monjes, dernier archipel du Venezuela, puis on longe pendant toute la journée la péninsule de la Guajira, qui marque la frontière entre le Venezuela et la Colombie. En milieu de journée le deuxième jour, on passe le Cabo de la Vela, par 15 à 20 nœuds de vent, avec une houle courte mais de moins de deux mètres. Les voiles sont en ciseaux la plupart du temps ce qui nous permet de faire un bon cap, et la nuit on ne garde que le génois, ce qui nous assure plus de tranquillité pendant les quarts, surtout lors des passages de grains. On continue à bien avancer toute la nuit et le matin du troisième jour, et on recalcule notre ETA : à ce rythme-là, on arrive avant la nuit à Santa-Marta ! Pendant deux heures, on peut contempler au-dessus des nuages les neiges éternelles de la Sierra Nevada de Santa Marta, qui culmine à plus de 5700 mètres, avant que les nuages ne nous les cachent. Nous longeons les cinq Baies à quelques milles et sous la pluie sans nous arrêter, et nous amarrons à 17h (heure colombienne, on a reculé les aiguilles d'une heure) à la marina, aidés des marineros et de Yaka.

Aussitôt on s'échange les nouvelles : Galinette et Syrah sont déjà repartis, Lacaraba et Yaka sont sur le départ, et Samara vient d'arriver. Les enfants sont un peu déçus : ils avaient quitté leurs copains de Jo-Ta-Ke et d'Iles et Ailes en pensant retrouver d'autres copains ici, mais nous arrivons trop tard. Il y a cependant assez de bateaux à quai pour espérer rencontrer de nouveaux enfants.

Au programme des prochaines heures : faire le plein d'eau (nous sommes à sec, ce qui peut expliquer notre bonne moyenne en navigation!), trouver une solution pour avoir de l'électricité (aujourd'hui est un jour férié, comme vendredi dernier et le lundi précédent, donc l'électricien qui doit faire le montage ne viendra pas avant demain) et retirer de l'argent pour payer l'agent qui nous fait les formalités d'entrée et s'acheter à manger (n'ayant plus un sou, nous avons fait pitié à l'agent portuaire d'Aruba qui voulait nous faire payer l’amarrage au quai des douanes...)

18 novembre : Santa Marta, 1ères impressions

Il y a le fait d'être en marina (les longues douches chaudes, l'électricité et l'eau à volonté, les orages qui sont tout de suite moins menaçants,...), mais il y a aussi le plaisir d'avoir touché terre dans une grande ville touristique. C'est comme si on avait ressenti sans forcément en être conscient le côté insulaire des villes qu'on a pu visiter dans les caraïbes. On nous a présenté Santa Marta comme une ville de taille moyenne, provinciale, mais ses grandes artères commerçantes, ses rues piétonnes, ses parcs, et son joyeux bazar sur la promenade le long de la plage (vendeurs ambulants à pied, à vélo, à tricycle, stands de glaces, boissons fraîches, lunettes, montres, portables, badauds qui se prennent en photo devant les statues...) tout ça nous donne l'impression d'une grande ville, une foule de gens comme on n'en avait pas vue depuis un moment.

La marina est presque vide, six ou sept bateaux sont partis depuis notre arrivée, malgré l'absence de vent. Quelques voiliers étrangers comme nous (Ïaka, Samara, Windsong,...), mais la majorité des bateaux sont des motor-yachts colombiens. A quelques places d'Eol, il y a Baies du Monde, un TS 50 (pas la même catégorie que notre petit Nautitech 395...) qui était déjà notre voisin à Canet il y a un an... le monde est petit ! Dans les supermarchés, on trouve du babybel et du brie, et même des produits casino et carrefour. Il faut juste qu'on s'habitue à la monnaie locale, le peso. Imaginez un peu : les 6 mini-babybel coûtent 22000 pesos, c'est plus que la paire de sandales qu'on a achetée à Matthieu ! Au distributeur, on a retiré 300 000 pesos ! Bon, une fois qu'on a divisé par 2600, il en reste beaucoup moins...

Matthieu et Léa sont les seuls enfants de la marina, mais ils ont ressortis les vélos et partent à l'aventure des heures entières pendant qu'on avance de notre côté sur les petits et grands travaux et le nettoyage du bateau. Nous aurons mérité nos vacances !

24 novembre : Tayrona !


Départ de bonne heure, avec les sacs à dos, les sacs de couchage, les doudous, etc... A 50 mètres de la sortie de la marina, on lève le bras, et un taxi apparaît comme par magie, pour nous déposer à l'angle de la Calle 11 et de la Carretera 11 (toute la ville est quadrillée ainsi). On prend ensuite un petit bus qui sur sa route nous dépose à El Zaino, à une trentaine de kilomètres de Santa Marta, où se situe l'entrée du Parc National de Tayrona. Parmi les passagers, une famille, des écoliers, des gens qui reviennent du marché chargés de sacs, et nous sommes les seuls étrangers. Une jeune fille assise à côté de moi n'en revient pas que Léa ne sache pas parler espagnol !

Un autre mini-bus nous fait parcourir les quatre premiers kilomètres à travers le parc jusqu'à Cañaveral, d'où partent les sentiers. Une bonne heure et demi de marche à travers la forêt humide, les arbres sont gigantesques, les enfants s'amusent à se suspendre aux lianes. On guette sans succès les singes, les jaguars et les tapirs... A la place, on observe des papillons géants multicolores, des chenilles, des libellules et des colonies de fourmis rouges transportant des feuilles sur des kilomètres. On passe au-dessus des collines puis après la descente en bordure de plage, et après avoir pataugé avec de l'eau jusqu'aux genoux, on arrive à Arrecife, où l'on peut louer un hamac ou une tente. Les enfants sont bien tentés par un hamac, mais ils sont trop jeunes, ce sera camping. Après le picnic, on marche à nouveau, en suivant cette fois un cours d'eau. Les berges sont inondées, on marche dans l'eau pour rejoindre la plage, avant de croiser un panneau « Danger Caïmans ! » Oups ! Il faudra trouver un autre chemin de retour ! 


Le paysage est magnifique : une immense plage de sable, occupée par endroits par des pierres géantes, symbolisant la force de la nature pour les indiens Tayrona. Impossible de se baigner : les rouleaux et le courant sont bien trop puissants. Encore quelques kilomètres le long de la mer avant d'arriver à la Piscina, une plage protégée par une longue barrière de corail où nous pourrons profiter de l'eau. La nuit sous la tente est notre première nuit en-dehors du bateau depuis 15 mois. Nous sommes sous les cocotiers, à 100 mètres de la mer. Toute la nuit, on entend le grondement des rouleaux sur la plage, ainsi que les orages au loin. Le lendemain, on suit la plage dans l'autre sens avant de retraverser la forêt. Picnic au bout du sentier des neuf pierres avant de reprendre les deux bus et le taxi dans l'autre sens. Les enfants ont très bien marché, supporté la chaleur et les repas en bivouac. Quels progrès depuis l'année dernière !

29 novembre : Cartagena de las indias

Après 5 heures de bus, on arrive à Cartagene. Le système de bus est bien organisé : nous avions le choix entre prendre une grande ligne (taxi depuis la marina jusqu'au terminal à Santa Marta, puis taxi du terminal à Cartagene jusqu'à l’hôtel) ou prendre un « puerta a puerta », mini-bus qui vient chercher et dépose chaque passager là où il le souhaite. C'est un peu plus long, puisqu'on fait pas mal de détour, mais c'est confortable, et on voit du pays...

Cartagene est paraît-il l'une des plus belles villes d'Amérique du sud. Nous manquons de comparaison, mais avons beaucoup apprécié les trois jours passés à parcourir le centre historique, à flâner sur les places, ou le nez en l'air à admirer les balcons dans les petites rues, ou les églises et cathédrales toutes de taille impressionnante. Nous avons suivi les murailles extérieures qui protégeaient la ville des attaques des pirates et autres conquérants, et avons exploré les tunnels du Castillo San Felipe. Dans le centre historique, à chaque coin de rue ou presque, il y a une statue , ou un monument, un bout de mur, une église, un musée... C'est agréable après les îles des Antilles de retrouver une vraie ville chargée d'histoire.

Le quartier historique et celui de Gestsemani où nous avons logé semblaient sûrs. Nous sommes allés de l'un à l'autre en journée et le soir sans souci, nous déplaçant toujours à pied. Les enfants ont bien aimé courir après les pigeons sur les places, regarder passer les calèches, goûter les sucreries locales au Portal de las Dulces, ou les empanadas au fromage dans la rue, et profiter de la télé en espagnol dans la chambre d'hôtel... L'hôtel lui-même était typique, avec une cour intérieure bordée de balcons en bois, des dédales de couloirs et aucune isolation, puisqu'ici il ne fait jamais froid. A Cartagene, même la pluie a du charme...

3 décembre : Taganga et bye bye Santa Marta...

Au retour de Cartagène, une semaine de travaux et préparatifs en tout genre : on a récupéré le cadre des panneaux solaires qu'on a fait agrandir pour y mettre les deux nouveaux panneaux achetés à Curacao, et installé le dessalinisateur. Premier essai concluant : Nous transformons l'eau de la marina en eau potable, avec l'énergie du soleil ! Bien sûr, il y aura des petites choses à revoir : connectique des panneaux à revoir, ainsi que les fixations du cadre sur les bossoirs, circuit d'eau entre le dessal et les réservoirs aussi, mais on a fait avec ce qu'on avait sous la main en Colombie, et ça marche !

On profite pour les derniers jours de Santa Marta, qu'on commence à connaître après trois semaines. On fait signe nonchalamment aux taxis comme de vieux habitués, on sait dans quelle ferreteria aller pour les vis, rivets, boulons, … qui nous manquent toujours, quel supermarché vend quelle marque de bière, où acheter des glaces, où trouver des légumes... Dès qu'on quitte le centre historique de Santa Marta, le paysage change, les rues deviennent plus populaires, plus pauvres aussi. Dans le quartier du marché et des ferreterias, plus de touristes étrangers, on voit des enfants jouer dans la saleté sur les trottoirs et les rues ne sont plus nettoyées. Le contraste est grand avec celui du front de mer ou pire encore la population de la marina, étrangers comme nous, les colombiens propriétaires de motor-yachts, ou encore les invités des soirées chics organisées sur l'esplanade de la marina.

Dernière sortie touristique à Taganga, village de pêcheurs qui attirent énormément d'étrangers au look baba-cool, backpackers avec dreadlocks, vendeurs ambulants de bijoux faits mains et de noix de coco. Le cadre est très joli, on y mange dans un restaurant conseillé par François de Baies du Monde et petite baignade avant de rentrer au bateau.

 

Check-list d'avant-départ :


Bateau nettoyé,

Lessives faites,

Moteurs contrôlés,

Réservoirs d'eau, d'essence, de gasoil remplis

Kilos de pâtes, riz, semoule, patates,etc... embarqués

Nb de litres d'alcool : donnée confidentielle !

 

Demain, départ pour les San-Blas (300 milles), où nous avons rendez-vous la semaine prochaine à l'aéroport de Corazon de Jesus (ça ne s'invente pas) pour accueillir nos visiteurs. Nous resterons dans l'archipel jusqu'en janvier avant de nous diriger vers Colon à Panama. Dernière mise à jour du blog sans doute jusqu'à l'année prochaine...

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