Tuamotu

Départ prévu pour les Tuamotus prochainement



Traversée vers les Tuamotu – 2ème jour

Position à 8h30 des Marquises (18h UTC le 17/08/2012) :

S 11°18 – W 141°29

Cap au 210° - vitesse 7,5 nœuds

 

Hier matin, Ua Pou s'est éloignée dans notre sillage, un joli nuage blanc accroché à ses pics. Devant nous, un ciel d'alizés, qui devraient nous pousser tranquillement jusqu'à la passe sud de Fakarava, notre point d'atterrissage aux Tuamotu. Le vent de secteur est 15 à 20 nœuds nous pousse entre le travers et le grand largue. Pas trop de houle, peu de grains et il fait beau, ce sont de bonnes conditions pour partir. Depuis un peu plus d'un mois maintenant nous traînions à Ua Pou, sans nous lasser du spectacle des pics rocheux, des couchers de soleil et des vallées verdoyantes. Les Marquises resteront l'une de nos plus belles escales, pour la beauté des paysages, la richesse des vallées, la gentillesse des Marquisiens. Grâce à Ouistiti que nous avons rejoint une dernière fois à Hakamaii, nous partons avec le plein de fruits, denrée rare aux Tuamotu où la terre n'est pas si riche qu'ici. C'est une nouvelle étape du voyage, et même si nous partons avec un petit pincement au cœur, nous avons hâte de découvrir notre premier atoll... Première nuit de navigation tranquille, juste deux averses pendant les quarts de Greg, et ce matin les bonnes conditions sont toujours là. Nous sommes toujours en contact VHF avec Ouistiti, quelques milles derrière nous. Arrivée prévue à Fakarava lundi dans la journée si tout va bien.

Traversée vers les Tuamotu - 4ème jour

Position à 9h00 heure des Marquises (18h30 UTC le 19/08/2012) :

S 14°37 – W 144°04

Cap au 195 ° - vitesse 4,5 nœuds

Distance de la passe Tumakohua de Fakarava : 140 milles


Nuit tranquille avec peu de vent, comme la précédente, nous passons à chaque fois sur le bord des quelques grains qui passent, jusqu'au petit matin ce dimanche, où nous sommes cernés par les nuages noirs. Quelques surventes et beaucoup de pluie, jusqu'en fin de matinée où le ciel s'éclaircit un peu mais dans la pétole. Difficile de dire aujourd'hui quand nous arriverons à destination, d'autant qu'il faut tenir compte à la fois des marées pour entrer dans la passe si possible à l'étale, et de la visibilité pour parer les patates de corail...

Bonne surprise hier matin, lorsque nous avons aperçu un triangle blanc sur l'horizon : Ouistiti avait réussi à nous rattraper et faisait cap vers nous. A la mi-journée, nous faisions route parallèle à 40 mètres de distance. Un petit lancer de touline, et voilà un gros morceau de tazard pêché par Marielle qui atterrit sur le roof, livraison à domicile ! Les enfants font de grands signes à Yaëlle et Mahé. Au mouillage, ces quatre-là étaient inséparables, et à chaque contact radio des parents, ils ont quelque chose à se dire, mais ce matin, nos routes commencent à s'écarter franchement, et nous serons bientôt hors de portée VHF...

21 août : Fakarava sud – mon premier atoll...

Le mauvais temps semble s'être installé au-dessus de nos têtes sur la fin du parcours, à se demander si nous ne sommes pas dans la zone de convergence... Nuit pluvieuse et journée grisâtre lundi, avec un vent variable. Finalement on ralentit pour n'arriver que mardi matin à l'étale de pleine mer à Fakarava. Après avoir traîné toute la nuit à proximité de Fakarava, on se présente un peu tard devant la passe. Le courant s'est déjà inversé, la marée est descendante, et on a par moment 3noeuds de courant contre nous. Ca bouillonne un peu par endroit, mais la passe est bien balisée et sans piège. Enfin, on mouille par cinq mètres d'eau dans un champ de patates (de corail, bien sûr) et on peut profiter du paysage et des requins pointes noires qui viennent nager autour du bateau...

25 août : Mouillage d'Unumini (sud de Fakarava)

Le rythme des atolls est très rapidement pris. École, bricolage ou travaux ménagers puis baignade à la plage ou autour du bateau avec les requins le matin. Après le temps calme de l'après-midi, on retourne à la plage, baignade dans les petites passes entre les motus ou balade sur le platier jusqu'à l'océan, avec un retour au bateau avant le coucher du soleil. Depuis l'arrivée de Black Pearl qui nous a rejoint à Fakarava, on ajoute une activité apéro avant la fin de la journée...

Aujourd'hui, on parcourt deux milles en annexe entre les patates de corail pour une plongée dans l'aquarium de Tetamanu, l'ancien village sur le motu qui borde la passe sud. Il ne reste aujourd'hui qu'entre 4 et 7 habitants (deux familles), mais l'église est toujours entretenue, et les pensions ainsi que le club de plongée apportent un peu d'animation. Les murs de corail de la mairie, de l'école et de quelques maisons sont encore debout, sans toit, envahis par la végétation. On se croirait entrés dans la carte postale avec les jolies plages de sable blanc, les petits pontons qui avancent sur la mer et les farés construits les pieds dans l'eau... Le spectacle en snorkelling est encore plus beau, on se met à l'eau dans un petit bassin, où dans un mètre d'eau évoluent jusqu'à dix requins pointes noires avec leurs rémoras, des napoléons plus gros que les enfants et pleins d'autres poissons multicolores. Un peu plus loin, on rejoint la passe, et les poissons sont encore plus nombreux. Entre le platier et le tombant, au milieu des coraux, on croise des bourses graffitis, des anges, des perroquets, des chirurgiens, des poissons papillons, des trompettes, des orphies, des balistes, et même un requin pointe blanche, un peu plus gros que les pointes noires croisés jusque là. Spectacle garanti, les enfants adorent malgré l'eau fraîche (à peine 25°, tout le monde est en combi...), d'autant qu'ils alternent le snorkelling et les jeux sur la plage avec Romane et Thomas de Black Pearl.

2 sept : Mouillage de Tukaega (Fakarava)

Quelques bords de près qu'on tire à vue entre les patates, et après le mouillage de Unumini, nous voilà à Hirifa, à la pointe sud-est de Fakarava. Un seul long motu s'étire sur plusieurs milles vers le nord ouest, le paysage est un peu différent du mouillage précédent, d'autant que ce coin-ci est habité par une famille qui s'est construit plusieurs farés entre les cocotiers.

Après quelques nuits, nous partons ensuite vers le nord-ouest, le long du motu, pour une navigation d'une dizaine de milles jusqu'au mouillage de Tukaega. La navigation dans le lagon est assez plaisante, mer plate, on fait une veille constante pour les patates de corail, visibles de loin avec leur couleur jaune-verte qui tranche sur le bleu du lagon. Le mouillage est assez paradisiaque, face à une plage de sable, avec quelques patates à fleur d'eau permettant un beau snorkelling. Greg et Laurent tirent deux beaux perroquets qu'on fait griller sur le sable pendant que les enfants retournent à l'état sauvage. La traversée du motu vers le platier nous tente bien, mais après quelques dizaines de mètres de sentier ouvert à la machette, tout le monde renonce devant le fouillis de la végétation.

7 septembre : Rotoava (Fakarava)

18 milles de plus vers le nord-nord-ouest en suivant le chenal le long du motu, et on quitte les coins déserts pour la civilisation : Rotoava, qui regroupe peut-être 95% des 800 habitants de tout l'atoll de Fakarava, avec sa route, ses épiceries, son aéroport, ses pensions et ses clubs de plongée.

Malgré le temps mitigé, avec de gros grains bien pluvieux et du vent, on se promène un peu dans la ville et sur le platier côté océan, bien à l'abri dans les cirés. C'est l'hiver, et avec cette météo capricieuse, on ressort le livre de recettes et on se fait une bonne soupe à l'oignon !

Les journées passent vite, on fête les 6 ans de Thomas de Black Pearl et on loue des vélos pour une balade jusqu'à la passe nord. Terrain plat, vent dans le dos, l'aller est bien plus facile que le retour, mais Matthieu nous épate en avalant ses 18 km sans râler. Pour Léa, dans le siège enfant, c'est bien moins fatigant !



9 septembre : Départ de Rotoava (Fakarava) – Cap sur Apataki

Un peu moins de trois semaines après notre arrivée à Fakarava, nous nous apprêtons à quitter cet atoll, cette fois-ci par la passe Garue, située au nord. Nous mettrons le cap ce soir sur Apataki, distant de 55 milles. L'objectif est de parcourir cette distance entre deux marées, de façon à quitter Fakarava avec du courant sortant, et d'entrer à Apataki proche de l'étale, si possible avec du courant entrant. Enfin, voilà la théorie, ensuite on fait notre possible !


12 septembre : Totoro (Apataki)

Navigation tranquille sous un ciel étoilé de Fakarava à Apataki, sous génois seul pour ne pas arriver trop tôt devant la passe Pakaka, passe sud de l'atoll. La sortie de Fakarava s'est faite en douceur, pile à la renverse du courant, et l'entrée d'Apataki se passe tout aussi bien. On ressent à peine le courant entrant dans les petits canaux après l'entrée de la passe, et on traverse rapidement une zone de mascaret (vagues provoquées par la rencontre du vent et du courant lorsqu'ils sont à l'opposé). Ensuite, c'est le lagon, au-delà des deux marques vertes et des deux marques rouges qui guident jusqu'au village, il n'y a plus de balisage. Le lagon n'étant pas cartographié, on navigue à vue en veillant aux pinacles de corail, assez rares sur les cinq milles qui nous séparent du mouillage de Rua Vahiné (la femme nue en tahitien). Greg est déçu de constater que le motu est désert ! Une nuit seuls au mouillage, face au platier, devant un décor de rêve. Le lendemain, le vent a tourné à l'est-nord-est, c'est notre cap pour Totoro, le motu où se situe le chantier d'Apataki. Nous tirons deux bords de près dans le lagon, toujours avec une veille attentive, à la fois pour les quelques récifs, mais aussi pour les bouées des zones d'élevage des huîtres perlières. Le plus beau chantier vu à ce jour, même caréner doit être agréable ici...

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