La Société

24 septembre : Tahiti, nous voici !

Quitter une zone de navigation est toujours un choix difficile, dans la mesure où nous ne revenons que rarement en arrière. Rangiroa n’est qu’à 200 milles de Tahiti, mais le départ a quand même quelque chose de définitif. Nous franchissons la passe de Avatoru en fin d’après-midi, à la renverse de courant d’après nos calculs. En fait il reste un noeud de courant sortant, mais il est dans le sens du vent, il n’y a donc pas de mascaret. Des vagues cassent sur la barrière de corail, et au milieu de la passe, on croise à 30 mètres un surfeur debout sur sa planche... C’est toujours impressionnant !

Deux nuits de navigation tranquilles, et on arrive au petit matin, assez tôt pour admirer Tahiti et Moorea au lever de soleil. C’est grand, montagneux, ça sent la terre... Pour nous, c’est une arrivée presque aussi importante que l’atterissage sur Hiva Oa après la transpacifique. Il va nous falloir quelque temps pour réaliser : on est à Tahiti !

Trois jours plus tard, nous avons pris quelques unes de nos marques. Trajet en bus jusqu’à Papeete pour découvrir la capitale et faire le tour des ships, happy hour dans la marina avec Céramaje et Ouistiti, retrouvés au mouillage, et courses à Carrefour. Depuis le départ de Panama, il y a 7 mois, c’est le premier vrai supermarché que nous voyons, et une telle abondance est un choc ! Les enfants ont eu du mal à décoller du rayon librairie (premiers livres en français en vente depuis la martinique, il y a presque 18 mois !), mais la réaction la plus forte a été devant le rayon fromage ! Greg les a grondés pour le bruit avant de revenir deux minutes plus tard en courant : “il y a même du maroilles !”

2 octobre : Pointe Tautira (Tahiti iti)

Une semaine au mouillage face à la marina Taïna, à refaire connaissance avec la civilisation, et nous voilà repartis. Nous arrivions à Tahiti avec quelques appréhensions : après les mouillages déserts ou presque des Tuamotu et l'isolement des vallées des Marquises, l'idée de revenir en ville, avec ses voitures, sa pollution, ses magasins, etc... n'était pas très attirante. Mais finalement, le confort, l'abondance, la facilité pour tout, ça n'est pas si désagréable ! Une semaine pour faire des courses, remettre le bateau en ordre, mais aussi retrouver un mc donald's (le premier depuis Panama city, en février dernier!), aller à la plage, et passer de bons moments avec les autres bateaux, le temps de rencontrer quelques uns des plaisanciers installés en Polynésie pour nous, et de s'intégrer à une petite bande d'enfants pour Matthieu et Léa. Une semaine pour profiter des couchers de soleil sur Moorea et tester la résistance des corps morts de Taïna par coup de maaramu (50 nœuds de vent au mouillage, de quoi se sentir aussi exposés qu'en pleine mer quand on prend l'annexe...). Enfin, après cette semaine bien remplie, on dit une nouvelle fois au-revoir à Ouistiti, qui doit prendre le départ dès demain pour la Nouvelle-Zélande. Léa et Matthieu ont apprécié cette escale, qui leur a permis de retrouver leurs grandes copines, et la séparation est d'autant plus difficile qu'on ne sait pas quand on se reverra.

Le maaramu a fait place à une météo un peu instable, forte couverture nuageuse, vents variables, et c'est en grande partie bout au vent au moteur, avec une alternance de près sous voile qu'on rejoint la pointe Vénus, ainsi nommée par le Capitaine Cook lors d'une mission scientifique pour observer la planète du même nom. On croise par deux fois des baleines de loin et Greg pêche un thon, qui finit à la tahitienne (cru au jus de citron des Marquises) et à la malaisienne (cuit au gingembre de Tahiti) avant de se poser au mouillage, face à une grande baie de sable noir. Nous sommes dimanche et les tahitiens profitent de la plage, avant de nous laisser seuls sous la pleine lune.

Le lendemain, nous poursuivons notre tour de Tahiti, toujours face au vent et contre la houle. Nous commençons à comprendre pourquoi aucun plaisancier ne vient jusqu'ici, les conditions de navigation ne sont pas les meilleures, et des trois premiers mouillages que nous allons voir, aucun ne nous satisfait ! On continue donc le tour jusqu'à la pointe Tautira, au mouillage de Cook, sur la côte nord de Tahiti iti. Malgré les mauvaises conditions de navigation, nous avons pu admirer les paysages de Tahiti, avec ses montagnes qui culminent à plus de 2000 m, des cascades qui se jettent dans la mer, des dauphins qui surfent dans les vagues, et surtout des baleines, une dizaine en tout, dont certaines que nous avons pu approcher d'assez près et qui ont fait le spectacle pour nous tout seuls !

12 octobre : Papeete

Depuis une semaine, nos premiers visiteurs du Pacifique nous ont rejoints, nous accueillons les parents de Greg à Tahiti, qui passent d'abord une semaine en pension à Pueu (Pueu Village, une bonne adresse, dans un très joli cadre les pieds dans l'eau) avant de nous rejoindre à bord. Après quelques inquiétudes, nous laissons le bateau seul au mouillage face au village de Tautira pour partir la journée en exploration. Nos craintes sont probablement infondées, mais il est toujours difficile de laisser le bateau dans un endroit inconnu, d'autant que c'est le seul bateau de ce côté-ci de Tahiti, nous avons pu le vérifier en parcourant toute la côte en voiture. Et pourtant, comme partout en Polynésie, tous les gens que nous croisons sont accueillants et gentils, un tahitien en pirogue vient même discuter un moment au mouillage, et petit à petit nous nous rassurons. Cette première semaine, nous la passons ensemble à parcourir Tahiti en voiture, ce qui nous permet de visiter des sites souvent difficilement accessibles autrement. Dans le désordre, belvédère du plateau de Taravao, un petit air de Normandie avec ses vaches laitières, balade au Trou du souffleur et aux Trois Cascades, visite d'un grand marae très bien entretenu, qui nous rappelle tous les sites des Marquises, et picnic à la plage, baignade dans les sources d''eau douce de Papeari et petite randonnée aux jardins de Vaimo avec vue plongeante sur le lagon, même chose le long de la côte sauvage de Tahiti iti, où la route s'arrête et ne reprend que de l'autre côté de la presqu'île, visite du jardin botanique, etc...

Après le côté un peu sauvage et « bout du monde » du mouillage de Tautira, nos visiteurs nous ayant rejoints à bord, il est temps d'aller voir d'autres paysages. Après une nuit sous grains orageux, nous quittons le mouillage sous un ciel plutôt menaçant, avec deux mètres de houle de travers et 20-25 nœuds de vent. Pas les meilleures conditions pour amariner des passagers, malgré le sepctacle d'une baleine contournant le bateau et passant à moins de 20 mètres de nous ! Près de 7 nœuds de moyenne pour parcourir les 35 milles qui nous séparent de Papeete, où nous entrons dans notre première marina depuis que nous sommes dans le Pacifique, la dernière étant Shelter Bay, à l'entrée du canal de Panama, il y a plus de huit mois...

18 octobre : Quai des yachts, Papeete

La vie en centre-ville... Nous sommes à pied à cinq minutes du marché, de la cathédrale, des magasins,... A quelques centaines de mètres d'un côté on trouve le parc Paofai, étendue de verdure et jeux pour enfants où on pique-nique entre nous ou avec Rapa Nui et où le soir on profite du coucher de soleil sur Moorea. De l'autre côté, sur la place Vaiere, on mange le soir aux roulottes, marchands ambulants qui installent des bancs et des tables sur la place, et proposent de la cuisine chinoise, mais aussi du poisson ou des grillades. Après le repas, on laisse les enfants à la garde de Papou et Mado pour aller finir la soirée aux Trois Brasseurs,écouter la musique live et déguster la bière brassée sur place, qui nous change de la Hinano locale... Papeete est une ville agréable, on y trouve tout ce qu'on cherche et on s'y promène avec plaisir, malgré la circulation importante du matin au soir. C'est quand même la seule véritable ville à 4000 km à la ronde ! A peine à 10 minutes en bus, on peut aussi rejoindre la vallée de la Fautaua pour une randonnée jusqu'au sommet de la cascade. Grosse journée de marche pour les enfants, récompensée par une baignade dans la rivière, avec toboggan naturel dans les rochers. Demain, changement de décor, nous quittons la ville pour nous rendre à Moorea.

26 octobre : Baie d'Opunohu, Moorea

A quelques heures de navigation de Papeete, on retrouve un mouillage en eau claire, face à une plage de sable blanc, avec quelques jolis sites de snorkelling, dominé par des pics rocheux et des collines verdoyantes. A peu de choses près, un mélange de Tuamotu et de Marquises...

Le premier jour, nous contribuons avec d'autres plaisanciers au remorquage d'un voilier en détresse à l'entrée de la baie, qui s'est échoué sur la barrière de corail, sans possibilité de s'en écarter, puis a perdu sa quille et son safran. La voie d'eau est importante, mais avec l'aide d'un bonitier local et la coordination mise en place par un expert maritime et une équipe du chantier technimarine, nous parvenons à le ramener dans le petit port de pêche de Papetoai. Drôle d'expérience...

Les jours suivants, les activités ne manquent pas : baignade autour du bateau ou à la plage, snorkelling autour de la zone de mouillage, où on voit nos premiers poissons-clowns, qui comme dans Nemo, se cachent dans les anémones. Nous partons aussi en randonnée dans la vallée d'Opunohu vers le Lycée agricole de Moorea, avec promenade dans les champs d'ananas et dans les vergers, et dégustation de jus de fruits frais. A portée d'annexe, on rejoint aussi la zone de nourrissage des raies, où on se baigne dans deux mètres d'eau parmi les raies pastenagues et les requins pointe noire. Frissons garantis pour Papou et Mado, même si Matthieu et Léa montrent l'exemple en se jetant à l'eau ! Message personnel pour Popi : ici, les requins jeûnent jusque fin novembre, puis goûtent les plongeurs tout blancs...

4 novembre : mouillage de la marina Taïna, Tahiti

Un peu de retard sur le blog... Après avoir quitté la baie d'Opunohu sur Moorea, nous passons deux jours dans la baie de Cook, afin de profiter une dernière fois des randonnées possibles sur la Route des ananas et en sous-bois sur le sentier des Ancêtres, qui nous fait passer près de quelques marae. On monte ensuite jusqu'au Belvédère, d'où l'on a une belle vue sur les deux baies, Opunohu et Cook. Douze kilomètres en moyenne par randonnée sur Moorea, les enfants commencent à développer de bons petits mollets, même s'il faut encore parfois aider Léa sur la fin !

Après ces 10 jours passés à Moorea, nous retournons sur Tahiti. Un bon 25 nœuds constant, au près, un ris dans la Grand-voile et quelques tours de génois, et nous retournons sur bouée au mouillage de Taïna. Pour la dernière semaine de nos invités sur Tahiti, nous varions les activités, snorkelling dans le lagon, balade à Papeete, visite du musée de Tahiti et des îles et bien sûr passage par le plus beau mcdonald's du monde, sur la plage, avec vue sur Moorea...

Ce matin, il a fallu tirer les enfants du lit pour qu'ils puissent accompagner Papou et Mado jusqu'au taxi qui devait les emmener à l'aéroport. Ce mois en leur compagnie nous a permis de découvrir ensemble Tahiti et Moorea. De nouveau à quatre, finies les vacances ! Les enfants reprennent sérieusement l'école dès demain, et nous avons une longue to-do-list pour nous occuper. Il faut dire que nous n'avons pas beaucoup travaillé ces dernières semaines, laissant Mado et Papou restaurer tous les coussins des banquettes du carré et nous confectionner un nouveau lazybag pour Eol... !

19 novembre : mouillage de Taïna

Ligne après ligne, on avance sur les listes de choses à faire. De petites bricoles, comme remplacer les bonbonnes de gaz (depuis les Antilles françaises il n'était plus possible d'échanger des campings-gaz, on ne peut que faire remplir les nôtres, qui commençaient sérieusement à rouiller...), nettoyer les coffres, etc... ou plus complexes, comme faire ressouder le tabouret du poste de barre, poser le bouchon de profil l'enrouleur du génois fait sur mesure, terminer le lazy-bag et les coussins du carré. On trouve le temps quand même de passer quelques moments avec les autres bateaux du mouillage, snorkeler dans le lagon et de faire des virées à Papeete. Les enfants attendent chaque jour avec impatience la fin d'après-midi, où ils retrouvent leur bande de copains dans la marina.



Routine tranquille, avec juste une petite visite aux urgences pour faire 3 points de suture à Matthieu, qui après un beau vol plané dans le carré a atterri sur le crâne... Léa a appris à rouler sur son vélo sans les roulettes, et pour l'instant sans accident... Autre petit événement, la foudre qui a frappé juste à côté de nous. Sur Eol, seul l'anémomètre a grillé, mais l'un de nos voisins a perdu toute son électronique... Il paraît que c'est fréquent ici. Nous en sommes aussi à la 3ème histoire de naufrage d'un bateau qu'on connaît, après s'être échoué de nuit sur un atoll des Tuamotus, l'équipage est sauf mais le bateau n'est plus qu'une épave... Rassure-toi Popi, ça va bien se passer !

24 nov : Taina / Heure H-6 avant le Popi Show

Bateau qui brille à force d'être nettoyé (Popi, pas de chaussures !), allégé par un gros tri (Popi, pas trop de bagages, hein !), plein de rhum effectué (obligé après le passage de Papou et Mado...) nous sommes fin prêts à recevoir notre prochain visiteur.
On ne l'a pas trop tenu au courant des attaques de requins, des risques de tsunamis, de cyclones, des attaques de nonos etc..., il arrivera donc en pleine forme pour découvrir les îles-sous-le-vent avec nous. A suivre sur notre blog, et sur le sien (http://www.123siteweb.fr/popiVSmao)

25 novembre : the white popi show – day 1-2-3

nous voilà presque à sec de rhum, 3 jours après l'arrivée de Popi...  Festival de ti-punch le premier soir, au 3ème verre on accuse la houle, au matin un petit snorkelling pour se remettre les idées au clair. Pas de requins, mais un poisson-vache, une raie léopard, des carangues, et tout le petit peuple habituel entre les patates de corail. Réception du nouveau bimini, quand même, on continue à travailler pour le bateau. Du beau travail, on est bien contents du résultat. Après une sieste, visite guidée du carrefour et happy hour dans la marina. L'absence de bronzage de Popi fait sensation parmi les plaisanciers, ne t'en fais pas Popi, dans deux jours tu seras rouge écrevisse... ! De bonnes retrouvailles donc, il faut dire qu'on a regardé Bienvenue les ch'tis il y a quelques jours pour être dans l'ambiance (et être sûrs de tout comprendre... des kas, des kiens, hein !...)

Pour son 2ème jour, nous décidons de donner à Popi un aperçu des paysages tahitiens. Petite expédition en bus jusqu'au marae Arahurahu. Séance photo et blagues en tout genre (Popi et son gros tiki, etc...). Les enfants ont plaisir à lui indiquer tous les arbres fruitiers qu'ils connaissent. On poursuit la balade à la recherche d'une cascade, le long d'un sentier qui suit à peu près le lit d'une rivière et s'enfonce dans la forêt. Deux heures plus tard, toujours pas de cascade, mais la balade est sympa, dans les sous-bois, et on pique-nique au bord de la rivière, juste avant une baignade bien méritée. Retour au bateau chargés de fruits ramassés pendant la promenade et achetés à côté du marae : bananes, papayes mûre et vertes, avocats,...

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